Liberté, 31 octobre 2010, Sara Kharfi
Mémoire de la chair, d’Ahlam Mosteghanemi, et Tous ruinés dans dix ans ? de Jacques Attali font partie des nouveautés de Sedia.
Après la publication en Algérie, en langue française, du livre Le chaos des sens (Fawdha al haouass) que la romancière Ahlam Mosteghanemi a dédicacé au Sila 2009, Sedia publie un deuxième titre de la romancière algérienne : Mémoires de la chair (Dakiret al jassad, en arabe).
Ce deuxième roman était disponible, dans sa version française, au stand des éditions algéroises Sedia au 15e Salon international du livre d’Alger. Récompensé par le prestigieux prix Naguib Mahfouz et le prix Nour de la meilleure œuvre féminine en langue arabe, Mémoire de la chair n’est pas qu’un simple roman. C’est un hymne à une ville perdue, Constantine, Ksentina, Cirta, la Cité des Ponts, le Rocher... autant de noms qui chantent la cité adulée et blessée, symbole d’une Algérie meurtrie par des années de guerre et le tragique échec des idéaux révolutionnaires de l’indépendance. Khaled, un ancien moudjahid, a choisi l’exil. Mais à Paris, où il est devenu un artiste peintre célèbre, une femme le rappelle à son passé. Cette femme, c’est Hayat, la fille de son ancien chef de maquis, qu’il avait connue, en Algérie, lorsqu’elle n’était, elle, qu’une enfant. « Tendre et violente, enjôleuse et insaisissable, Hayat s’offre à Khaled pour mieux se dérober. Comme Constantine, elle porte en elle le deuil de ses proches et la douleur des amours défuntes, inscrites, dans sa chair, en lettres de feu », souligne-t-on dans la présentation de l’ouvrage. Mémoire de la chair, dont le prix est de 800 DA, est publié dans la collection « Mosaïque » de Sedia. Après la publication des trois livres, Une brève histoire de l’avenir, La crise et après et Survivre aux crises, un quatrième titre de Jacques Attali, Tous ruinés dans 10 ans ?, publié par Sedia, est disponible en Algérie. L’auteur se pose (et nous pose) cette question : serons-nous tous ruinés dans dix ans ? « Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l’Occident n’a été aussi élevée. Jamais les dangers qu’elle fait peser sur la démocratie n’ont été aussi graves », nous fait-il remarquer. Pour comprendre les raisons profondes qui peuvent conduire des Etats comme la Grèce ou l’Islande à la faillite, Jacques Attali retrace l’histoire de la dette publique, qui est aussi celle de la constitution progressive de la fonction souveraine et de ce qui menace de la détruire. Tel est l’enjeu de la dette publique actuelle, née avec la crise financière et nécessaire à sa solution, mais dont chacun sent bien qu’elle ne peut continuer de croître sans conduire aux pires catastrophes. Selon Jacques Attali, il est encore possible de régler ces problèmes, d’éviter la dépression, l’inflation et le moratoire, en repensant le rôle du Souverain et la part des dépenses publiques, en mettant en place d’autres règles comptables et une tout autre architecture financière et politique. Cette solution est nécessaire et applicable que ce soit en France, en Europe ou au niveau mondial. Publié dans la collection « Essai Sedia », Tous ruinés dans dix ans ? est disponible au prix de 600 DA.
