Horizons ; 04 avril 2007 ; Kamel C.

Jeunes des banlieues françaises

L’Etablissement Arts et Culture a organisé au Théâtre de verdure une rencontre avec la presse pour présenter la nouvelle parution des éditions Sédia "Cités à comparaître", de Karim Amellal, en présence de l’auteur. Ce livre est sorti de presse ce début d’avril.

 

Karim Amelal est âgé de vingt-huit ans. Il est de père algérien et de mère française. C’est son premier roman. Bien qu’ayant reçu une éducation équilibrée dans un milieu familial aisé, Karim Amellal a senti le besoin d’un retour à ses racines algériennes.

C’est cette quête de son identité qui l’a conduit à s’intéresser aux jeunes d’origine maghrébine dans les banlieues en France avec leurs problèmes de marginalisation et de chômage. Le thème de ce roman n’est autre que cette situation souvent dramatique et parfois sans issue qui touche les jeunes des banlieues.

Le titre de roman est déjà bien suggestif, "Cités", parce que ce terme à lui seul désigne l’isolement et l’exclusion, "à comparaître", signifie l’ensemble des griefs reprochés aux habitants de ces cités accusés de tous les maux et qu’on assigne en justice, souvent parce qu’ils ont le tort d’être basanés. " Mon livre est à la fois un acte de révolte et un acte politique. Un acte de révolte parce que ces jeunes sont dans l’impasse, un acte politique parce que les pouvoirs publics en France les ignorent ".

L’auteur, cependant, ne légitime pas leurs actes de violence. Il fait seulement apparaître la nécessité de les intégrer dans la société. Cette question de grande actualité sensibilise sur la situation précaire de la communauté émigrée en France qui ne fait que s’aggraver dans le temps.
Karim Amellal dissuade dans ce contexte les jeunes Algériens qui envisagent d’émigrer, ne pouvant dans cet état difficile trouver les solutions à une vie meilleure.
L’intérêt de ce livre réside dans le style employé par l’auteur. Bien que maîtrisant parfaitement le français académique, Karim Amellal utilise le langage authentique des jeunes de banlieues, loin des structures grammaticales classiques avec son vocabulaire dur, parfois immoral mais toujours sincère et spontané. "Ils possèdent un parler à eux. Il faut les laisser s’exprimer dans leur voix", fait remarquer l’auteur qui reconnaît à leur langage un enrichissement de la langue française.
L’auteur fait un parallèle avec la langue arabe dialectale qui est très expressive et qu’il convient d’entretenir. "Cités à comparaître" déjà terminé, Karim Amellal pense déjà à ses créations littéraires futures. "Je publie un recueil de nouvelles en septembre et j’écrirai ensuite un roman qui retrace mes identités algériennes en Algérie".

Il serait toutefois très heureux si, "Cités à comparaître" pouvait faire l’objet d’un film. "Le message contenu dans ce livre en serait encore plus élargi", affirme-t-il