De l’amalgame et de la misère sociale
La nouvelle république ; 07 avril 2007 ; Lamia S.
L’écrivain franco-algérien,Karim Amell ,a présenté son dernier livre intitulé «Cités à comparaître» au complexe culturel Lâadi Flici, publié aux Editions Sédia.
Karim Amellal est né à Paris en 1978. Il est maître de conférence à Sciences-Po. «Cités à comparaître» est son premier roman après son essai en 2005 «Discriminez-moi! Enquête sur nos inégalités».
D’emblée l’auteur a expliqué lors de la présentation de son dernier né que son dernier livre est usité d’une forme romancée de son essai «Discriminez-moi! Enquête sur nos inégalités». Un essai dans lequel il s’est exprimé sur la diversité, la laïcité et autres thèmes fondamentaux et qui sont sujets actuellement à de grands débats en France. Le livre en question est sorti durant une période d’émeutes vécues par les banlieues parisiennes. Dans son récent livre «Cités à comparaître», l’auteur précise qu’il s’agit d’un livre qu’il a écrit comme une chanson de rap. Il a ainsi abordé des thèmes ayant trait entre autres à la toxicomanie, à la révolte et à la sexualité. «Comme j’ai tenté d’expliquer que les émeutes n’ont aucun rapport avec la religion ou le fait qu’on appartienne à une race, comme ont tenté de le faire croire certains intellectuels tel qu’Alain Finkielkrat»,a-t-il dit. Karim Amellal n’a pas caché sa déception d’entendre des intellectuels et des médias faire l’amalgame entre terroriste et islam. «Les cités sont devenues des bulles de bains», a-t-il insisté.
L’incipit du livre s’ouvre sur une phrase révélatrice à plus d’un titre: « Ma profession, c’est terroriste, et ma vie, elle, se termine comme ça. Par une coupure dans les journaux. Un terroriste reconnu coupable de la mort de douze personnes dans un attentat à la bombe à Paris.» A travers ce livre de 152 pages, l’auteur entraîne le lecteur à travers les dédales d’une histoire triste où un jeune Algérien est soupçonné d’appartenir au réseau Al-Qaida et à l’entourage proche d’Oussama Ben Laden. Il a été condamné à la prison à perpétuité.
Ainsi , à travers ce livre, Karim Amellal dénonce les amalgames et la misère sociale. Sa prétention est de ne pas justifier les actes de vandalismes mais d’essayer de comprendre et d’expliquer des comportements et des trajectoires qui mènent à la délinquance, à la drogue et parfois au terrorisme. L’écrivain averti les lecteurs qu’il a utilisé le verlan, un dérivé de l’argot pour mieux exprimer sa révolte contre «l’académisme», la langue canonique et la littérature bourgeoise et égoïste. J’aime la langue française mais je ne peux pas faire parler un jeune de banlieue sans utiliser son langage et ses références». Karim Amellal insiste pour affirmer que son livre ne traite pas du terrorisme.
