L’authentique ; 05 juillet 2007 ; Kader B.

“Boudée par les prix littéraires et la presse snob”
“C’est très important pour moi d’être ici et de voir mon livre édité en Algérie”. Faïza Guène, arrivée directement de l’aéroport, était visiblement émue de voir, peut-être pour la première fois, l’Algérie, le pays dont Ahleme, l’héroïne de son roman Du rêve pour les oufs rêve de partir avec son père et son petit frère.

La rencontre avec la jeune écrivaine au complexe culturel Laadi Flici, mardi, est une initiative de l’Etablissement Arts et Culture et de Sedia éditions. “Le livre de Faïza Guène correspond au concept de notre collection, “Mosaïque”. Son premier roman “Kiffe kiffe demain”, est une des meilleures ventes de l’année 2004 en France. Ainsi, nous sommes heureux de vous présenter une jeune écrivaine après des poids lourds plus âgées qu’elle, comme Yasmina Khadra ou Malika Mokeddeme”, a déclaré Radia Abed, directrice de Sedia éditions, à l’ouverture de la conférence de presse. Sorti en France le 28 août 2006, Du rêve pour les oufs, le deuxième roman de Faïza Guène est ainsi disponible en Algérie grâce à Sedia éditions. “Kiffe kiffe demain” vendu à plus de 200 000 exemplaires a été aussi traduit en 22 langues au Brésil, en Chine, en Hongrie et même aux Etats-Unis, pays où les traductions sont rares (à peine 2%).“C’est peut-être parce que chaque pays à ses minorités”, a répondu Faïza Guene à une question sur les raisons de ce succès international (traductions). Née en en 1985 à Bobigny, Faïza Guène est de nationalité française d’origine algérienne. “Mes parents sont d’Oran. Je dis tout le temps que je suis Algérienne même si je suis née ici”, explique-t-elle toutefois. Sa famille et sa culture sont, d’ailleurs, sa principale source d’inspiration. “Je préfère m’inspirer de ma mère plutôt que d’un grand auteur français. Mes parents m’ont transmis l’amour des mots, l’art de raconter les histoires et le respect des livres (...) Je ne pourrai jamais écrire un livre comme le ferait un auteur de Saint Germain des prés.”, a déclaré Faïza Guène qui habite toujours avec ses parents dans une cité défavorisée à Pantin, en Seine Saint-Denis. La jeune écrivaine, malgré ce succès, est toujours “boudée par tous les prix littéraires et par une certaine presse littéraire snob qui considèrent que mon écriture n’est pas suffisamment noble”. Faïza Guène, n’en fait pas un drame : “Je n’ai jamais rêvé d’être riche et célèbre.

Si demain, j’arrête d’écrire des livres, je ferai autre chose”.