La nouvelle république ; 01-11-2007 ; Hassina A.

Sedia présente les premiers romans traduits

Toute désolée, Radia Abed, directrice des éditions Sedia et initiatrice de cette rencontre, a tenu à remercier les journalistes qui ont «fait preuve de patience ainsi que l’établissement Arts et Culture pour sa précieuse collaboration».

Il faut dire que les responsables d’Arts et Culture ont fait preuve d’un grand sens de la persuasion pour retenir certains journalistes qui s’apprêtaient à partir après cette trop longue attente. Coïncidant avec l’inauguration du XIIe Salon international du livre d’Alger, ce rendez-vous a permis aux journalistes de prendre connaissance des ouvrages traduits par Sedia et présentés dans le cadre de sa collection Mosaïque. Pour Radia Abed, «le projet était de rapatrier la littérature algérienne publiée à l’étranger pour la donner ensuite à lire à un prix abordable au lectorat arabophone a été le premier objectif visé. L’occasion a été donnée par l’événement «Alger, capitale de la culture arabe 2007», ajoutant aussi que «traduire des livres coûte très cher, il nous fallait donc un soutien financier.

Certains titres ont été pris en charge par le ministère de la Culture, c’est le cas, entre autres, d’Anouar Benmalek, tandis que d’autres non, et je citerai Yasmina Khadra, Boualem Sansal ou Malika Mokeddem. C’est pourquoi, nous avons pensé à les coéditer avec Dar El-Farabi». Joseph Bouakl, directeur de Dar El-Farabi, expliquera, pour sa part, qu’«avec la traduction de ces livres, en langue arabe, nous permettons enfin la diffusion de grands auteurs algériens, dans tout le monde arabe. C’est important, car il n’est pas logique que des auteurs comme Anouar Benmalek ou Yasmina Khadra ne soient pas lus par un lectorat arabophone (Yasmina Khadra est traduit dans 30 langues et Anouar Benmalek dans 10 langues)».

Rebondissant sur les propos de M. Bouakl, Anouar Benmalek se dira «heureux que l’Algérie ait décidé de subventionner ces traductions tout au long de cette année», néanmoins «frustré que cela n’aille pas au-delà de l’événement 2007». Pour l’auteur de L’Enfant du peuple ancien, «la culture est un secteur aussi stratégique que l’armement, c’est pourquoi l’Algérie doit le prendre à bras le corps. Il faut que les responsables comprennent que la traduction n’est pas un luxe mais une nécessité (…). La tolérance s’acquiert par la culture et c’est le meilleur barrage contre la violence». Pour Yasmina Khadra, «il faut cesser de compter sur l’aide de l’Etat qui tarde à venir, c’est à nous de nous construire et de construire notre culture, mais pour y parvenir, il faut d’abord commencer par s’aimer et se respecter entre écrivains et intellectuels».

Il faut noter que la collection Mosaïque propose un premier panel de huit romans traduits en langue arabe, en l’occurrence L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad et Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra, Mes Hommes de Malika Mokeddem, Harraga de Boualem Sansal, L’Enfant du peuple ancien d’Anouar Benmalek, Mes Mauvaises Pensées de Nina Bouraoui et La Dernière Prière de Hamid Grine.

Ces auteurs seront présents lors du XIIe Sila pour des séances de ventes-dédicaces.

Aujourd’hui à partir de 15 heures, le stand de Sedia accueillera Yasmina Khadra, Anouar Benmalek, Malika Mokeddem, Youcef Merahi (Vivre pour écrire et Qui êtes vous M. Khadra ?) et Lazhari Labter (Malika Mokeddem, à part entière).