InfoSoir ; 22 juin 2008 ; Y. I

Viennent de paraître trois livres aux éditions Sedia. Deux de Yasmina Khadra et un de Rachid Mimouni.

Cousine K, paru pour la première fois en 2003 aux éditions françaises Julliard, est un roman. Il raconte l’histoire d’un jeune homme dont on n’apprend jamais le nom. Un jeune rempli de détresse, en mal d’amour, qui souhaite seulement qu’on fasse attention à lui.

Sa mère ne l'aime pas, elle l'appelle même du nom de son frère qui sait si bien l’adorer.

Sa cousine, cousine K, fait tout ce qui est en son pouvoir pour qu'il prenne le blâme de ses mauvais coups en plus de le martyriser. Il devient son souffre-douleur. Son frère l’ignore aussi, complètement.

Cousine K est l’histoire d’un homme qui, des années plus tard, enfermé dans sa solitude, hanté et frustré par les souvenirs douloureux de son enfance, se rappelle qu’il était un enfant négligé, malmené, ignoré. L’imposture des mots, sorti, pour rappel, en 2002 aux éditions françaises Julliard, se présente plutôt comme un témoignage. Dans ce livre, Yasmina Khadra témoigne de ses émotions, de ses pensées. Il a choisi de raconter, en toute transparence, son désarroi à ses lecteurs, «les seuls interlocuteurs qui lui paraissent capables de le juger, pourquoi pas de le comprendre».

L’imposture des mots est le récit des angoisses générées par sa décision, celle de quitter son poste d’officier supérieur de l’armée pour dévoiler son identité véritable, Mohammed Moulessehoul, et se vouer à la seule vocation qui comptait pour lui : la littérature.

Mais à ce moment-là, il ignorait qu’il allait basculer dans un cauchemar : accusé, suspecté. On lui reproche d’être militaire, on le responsabilise d’une manière comme d’une autre des massacres commis pendant la tragédie algérienne, mais en dépit de cela, le roman, qui est aussi une recherche, une réflexion sur son statut d’écrivain, prouve que «Yasmina Khadra est un écrivain de belle trempe, pas seulement par son style inspiré, mais aussi par sa dextérité à évoquer autour de lui un ballet de fantômes et de spectres». En somme, Yasmina Khadra s’emploie, dans ce livre, à reconquérir son statut d’écrivain. L’imposture des mots est «le récit lucide et passionné de cet étrange et trouble procès, de l’affrontement entre une conscience et une intelligentsia jamais en retard d’une imposture».

Enfin, L’honneur de la tribu de Rachid Mimouni, publié en 1989 aux éditions Robert Laffont, est un roman qui décrit avec minutie la déchéance planifiée de tout un pays et dresse un constat apocalyptique de la société. Après Le fleuve détourné et Tombéza, Rachid Mimouni, écrivain visionnaire et toujours d’actualité, clôt avec L’Honneur de la tribu cette trilogie romanesque dédiée à l’histoire de l’Algérie.

Ces trois livres sont publiés dans la collection Mosaïque. Les éditions Sedia ont pour objectif à travers cette collection de rééditer les romans, parus à l’étranger, notamment aux éditions françaises.

Ainsi, elles ont pour souci de rapatrier la littérature algérienne, la mettre à des prix raisonnables, disponible pour les lecteurs algériens.