Algérie News ; 24 mai 2008 ; Saïd K.
Ainsi, pour la rentrée 2008-2009, les éditions Sedia ont œuvré dans la continuité de leurs collections de sept nouveaux titres couvrant le roman et l’essai. Dans la collection Laurier consacrée à la littérature étrangère trois nouveaux titres sont à l’honneur dont Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu, (paru aux éditions Stock).
Yasmina Khadra et Rachid Mimouni sont de retour.
Depuis leur création, il y a quelques années, les éditions Sedia, filiale de Hachette, se sont vouées à revaloriser les écrits des différents auteurs algériens confirmés. Elles leur ont consacré toute une collection, dont le nom «Mosaïque» qui a pu mettre à la disposition du public algérien un bon nombre de romans d'auteurs publiés à l'étranger. Après Nina Bouraoui, Malika Mokkadem, Karim Amellal et Faïza Guène, les éditions Sédia viennent de rééditer trois romans pour les deux grands écrivains Yasmina Khadra et Rachid Mimouni (1945- 1995). Il s'agit pour le premier de deux ouvrages (Cousine K et l'Imposture des mots), pour le deuxième de l'Honneur de la tribu. Dans Cousine K, dont la première édition remonte à 2003, l'auteur abandonne un peu son genre préféré, le polar, pour se verser dans une sensibilité différente qui tend à affirmer sa faculté à s'inscrire dans une écriture autobiographique. Le narrateur, un garçon timide et mal aimé de sa mère, laquelle n'a d'yeux que pour son frère aîné, se prend d'amour pour une ravissante cousine qui ne lui offre en échange que mépris et sarcasmes. Le deuxième roman l'Imposture des mots (paru en 2001) retrace certains fragments du parcours militaire de l'auteur, fondé principalement sur des témoignages et des révélations. Alors que la dernière parution l'Honneur de la tribu (paru en 1989), récompensé, la même année, par trois prix littéraires : prix de l'Amitié franco-arabe, prix de la Critique littéraire (Ruban de la francophonie et Prix de littérature cinéma du Festival international du film à Cannes, qui s'ouvre par l'expression «Il faut que vous sachiez que la révolution ne vous a pas oubliés, nous déclara-t-il à son arrivée. Nous ne savions pas alors ce qui nous attendait...»)
Prononcée par la voix d'un vieil homme qui, pour l'honneur de sa tribu, entreprend de raconter l'histoire –devenue presque mythique- de sa communauté, des débuts de la colonisation française en Algérie à ces jours. Histoire terrible, histoire exemplaire, comme celles que racontent les romans de Rachid Mimouni. Quelques années après sa disparition, l’œuvre de cet homme, qui fut paisible et silencieux, fait résonner une parole forte et plus que jamais nécessaire dans la lutte contre l'intolérance et la barbarie.
