Le Soir d'Algérie ; 31 mars 2007 ; Sam H.

Invité par Sedia Edition, l’auteur Karim Amellal présentera Cités à comparaître lundi prochain au Centre international de presse, théâtre de verdure, Alger.

“Silou est en prison. On dit que c'est un terroriste, un cousin de Ben Laden. Lui ne sait pas ce qu'il est. Il sait juste qu'il a fait un truc de mal. Sa psy lui a dit de raconter sa vie parce que ça lui ferait du bien. Alors il raconte. Comment il a grandi et comment il s'est retrouvé là après une condamnation en assises pour actes terroristes. C'est l'histoire d'un jeune des quartiers, d'un gosse d'une cité avec une moitié de mère et une grosse faiblesse pour le shit.”
Après avoir été édité une première fois en 2006 chez Stock, les droits de l’ouvrage Cités à comparaître ont été rachetés récemment par Sedia Edition, filiale de Hachette. A cette occasion, l’auteur sera l’invité de Sedia durant une semaine. Les lecteurs auront l’occasion de le rencontrer au cours de nombreuses conférences littéraires. À 28 ans, Karim Amellal est maître de conférences à Sciences Po. En 2005, il se lance dans une aventure littéraire qui le pousse à produire une première ébauche sur les problèmes vécus par les jeunes de la banlieue.
L’essai intitulé “Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités” paraît chez Flammarion. Une expérience intéressante dans la mesure où il la renouvelle l’année suivante avec Cités à comparaître. Cette fois, il s’agit d’un roman et, pour le coup il est accompagné par Alexandre Kateb, économiste et maître de conférences à Sciences Po. Le thème est récurrent, il traite dans un style particulier les effets de la discrimination. L’avenir incertain, les jeunes des banlieues déversent sur les quartiers qui les ont vu grandir leurs frustrations et toute l’angoisse qui les rongent.
Qu’importe, la France est au cœur des frustrations des jeunes depuis trop longtemps. L’écrivain en fait le récit. Il se précipite sur le chemin tortueux emprunté par un jeune. Il raconte sa descente aux enfers. Même si en enfer, il y ait depuis fort longtemps. La France est un Etat de droit mais qui parfois semble se limiter aux portes de ses banlieues. Mais à cela il est facile de répondre que la France positive et elle n’est certainement pas responsable des saccages et des voitures brûlées par ces jeunes.
Les avis divergent, se frôlent et finissent par une confrontation en règle. En vain, un débat interminable peut s’engager aisément sur le sujet. Les Français sont racistes, non pas tous ; les Arabes sont violents, non pas tous il est clair qu’il ne faut pas faire dans l’amalgame parce qu’au fond personne n’est à l’abri d’une erreur. En bref, l’ouvrage offre un voyage gratuit et surtout sans visa dans les banlieues françaises. A lire!