Algérie News ; 3 septembre 2008 ; Rajaa K.

Une angoisse amoureuse Ayant choisi de mieux servir le marché du livre en Algérie et faire la passerelle entre les succès romanesques en France et le lecteur algérien, les éditions Sedia viennent récemment de mettre sur le marché une nouvelle réédition du roman Avant, pendant, après de Jean-Marc Parisis, paru pour la première fois aux Editions Stock (2007).

Un roman à un seul protagoniste et à multiples points de vue sur la nature des relations qui lient les individus de la société parisienne. Avant, pendant, après met en relief le quotidien d'un parolier de chansons romantiques, appelé François, qui joue, le rôle d'observateur de son vécu.

Dans un discours romanesque basé principalement sur les soliloques, le héros reprend les différents aspects de sa relation avec une certaine Laurene qu'il présente, au début du roman : «Nous n'étions mariés ni l'un ni l'autre, nous nous plaisions et nous couchions ensemble, assez classiquement, à Paris, au vingt et unième siècle» (p 9). Mais son expérience de parolier, entamée au début des années quatre vingt, à l'âge de vingt ans l'oblige d'être toujours méfiant à l'égard des femmes. Une expérience dans laquelle il s'est engagé armé de tant d'enthousiasme, de volonté, et qui s'inscrit dans un univers qu'il définit : «L'amour, la douleur, le manque, la peur. Ces mots me faisaient vivre mais je ne les respectais pas, je les prenais de haut, je les écrivais» (P 16). Jouer le rôle de l'observateur en vue de s'inspirer des mots de ses paroles, imposera aussi un certain mode de vie à François, «il fallait arrêter de voter. Il fallait fusiller les psys. Il fallait cesser d'enculer le peuple et les femmes. Il fallait écrire des chansons. Voilà ce que je m'étais dit, il y a longtemps, et je m'y tenais dans l'ombre des stars» (p 11). Brusquement, le narrateur tombe amoureux d'une certaine Gail, une femme qui va bouleverser son existence. Une femme qu'il a aimée sans se demander pourquoi. «J'ignorais l'adresse et la profession de ses parents, si elle avait des frères, des sœurs, des cousins, des attaches en province, une maison de famille, elle ne m'en avait jamais parlé» (p 96) Entre passion et rupture, le narrateur reprend des tranches de sa vie, avant, pendant et après sa rencontre avec Gail dont il regrette fortement le départ, disant, à la fin du roman : «Au balcon de Saint Cloud, j'imaginais Gail. Partie je ne sais pas où, avec je ne sais pas qui, je l'imagine encore. Pour toi, est-ce encore la nuit, la nuit où je ne suis pas? De quelle couleur est ta chambre? Où as-tu rangé tes disques et ceux que tu ne m'as jamais rendus, tes livres et ceux que je t'ai offerts, tes légions de pairs de chaussures, tes chemises de grand-mère qui te servaient de pyjamas sous lesquels j'allais trouver tes seins. (…)

Les souvenirs, il vaut mieux les tuer, sans peine et sans reproche. Chez les voyous et les paroliers, on dit rectifier (P 116). Pour rappel, avec cette autopsie d'une histoire d'amour, Jean-Marc Parisis (né en 1962) signe son quatrième roman, après La mélancolie des fast food (1987), Le lycée des artistes (1992), Depuis toute la vie (2000) et Physique (2006).