Liberté ; 20 février 2007 ; SAMIR BENMALEK

“Pourquoi parler de repentance française avant de construire une mémoire commune ? Avant cela, nous devons rassembler nos mémoires dans le même sac, jouer dans la même équipe de France, à l’image de Zinedine Zidane, et celle d’Algérie.

Ensuite nous pourrons parler du reste.”   C’est ainsi que s’est exprimé, hier à Alger, le ministre français délégué à la Promotion de l’égalité des chances, Azzouz Begag, qui a rencontré le Chef du gouvernement, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale ainsi que celle de la culture. Pour le ministre français, appelé au gouvernement De Villepin en 2005, le traité d’amitié, décidé par Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac en 2003, mais en souffrance depuis cette date, est attendu “avec impatience par le million de Français d’origine algérienne. Ce traité sera signé le plus vite possible.”
Avant cette signature, a déclaré Azzouz Begag invité à Alger par les éditions Sédia pour la présentation de son ouvrage intitulé Un train pour chez nous, “ce traité d’amitié tient au coeur du président (français, ndlr) et de De Villepin. Mais il nous faut replacer les choses dans l’ordre et  dépassionner le débat.” Il dira, par ailleurs, que pour lutter contre le chômage des jeunes en France, il y a obligation de prendre appui sur les Algériens issus de l’immigration, dont lui-même en fait partie, et qui doit sa nomination au poste de ministre au “mektoub”. Invité à rencontrer une centaine d’écoliers dans un grand hôtel de la capitale, le ministre français a, par ailleurs, déclaré qu’il avait bon espoir de voir s’alléger les modalités d’obtention du visa pour les Algériens désirant se rendre en France et qu’il était en contact avec l’université de Sétif, la ville d’origine de ses parents, pour une future collaboration.

Au cours de son entretien avec le ministre de la Solidarité nationale et de l’Emploi, Azzouz Begag a salué les efforts déployés en Algérie en matière de dispositifs de création d'emploi en direction des jeunes chômeurs et est disposé à œuvrer pour développer les axes d'échange entre la France et l'Algérie. En visite dans une microentreprise du textile, de la commune de Draria, Begag a déclaré à l’APS : “Je suis très content que les femmes algériennes soient à l'origine d'un renouveau et d'une plus forte concurrence du marché du textile algérien grâce à leur habilité et leur savoir-faire.” Il a, par ailleurs, relevé la qualité du marché du textile algérien, pour son savoir-faire, malgré une forte concurrence sur le marché du textile au niveau mondial. M. Begag s'est, à cet effet, “félicité des chances offertes par ces microentreprises, notamment en direction des femmes, qui essayent de mettre leurs compétences et leurs talents au service de l'économie algérienne”.
Aujourd’hui, Azzouz Begag devra animer une rencontre au Centre culturel français d’Alger, qui traitera de ses parcours de sociologue et d’écrivain.