Horizons ; 23 décembre 2008 ; Farida Belkhiri

Dans cet ouvrage, «Le Monde en 2025», sorti chez Sedia Edition (filiale algérienne de la maison d’édition française Hachette), il ne s’agit pas de «prédire» l’avenir, de dire ce qu’il adviendra du monde dans presque vingt ans.

Les auteurs de ce livre, un essai, ne sont pas des «sorciers» ou des «devins», qui utilisent des boules magiques pour connaître le futur. Mais des scientifiques, des experts, des spécialistes des relations et questions internationales, de l’écologie, de l’énergie, de la démographie, de la santé…

Des experts qui proposent une étude scientifique sur le futur à base de données réelles et actuelles. L’ouvrage va plus loin en donnant un aperçu des conséquences des décisions politiques et sociales prises actuellement, dans le présent. Cette étude est réalisée sur la demande de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne dans le but d’aider l’Europe «à accompagner les métaphores du monde pour qu’elle n’ait pas à les subir». «Une enquête d’une grande envergure sur les tendances, facteurs et acteurs qui façonnent notre futur. Crises énergétiques, catastrophes écologiques, nouveaux affrontements entre grandes puissances, effondrement généralisée du Moyen-Orient…».

Le «Monde en 2025» est signé conjointement par Nicole Gnesotto, spécialiste des questions de sécurité internationale et Giovanni Grevi, chargé de recherches à l’institut d’études de sécurité de l’Union européenne. L’ouvrage étudie et analyse les sujets les plus «épineux» de l’actualité internationale.

Politiques notamment mais aussi écologique, conséquences, entre autres, du réchauffement climatique qui auront des «répercussions sur l’écoulement fluvial, la végétation et les sols et devraient accentuer les sécheresses et les processus de désertification.»

Côté politique, l’ouvrage revient, entre autres, sur la question des Kurdes. «L’Etat de facto du «Kurdistan» tentera de résister à l’irrédentisme aussi longtemps qu’il n’aura pas obtenu une totale indépendance et essaiera de trouver un équilibre entre la Turquie, l’Iran et la Syrie dans les dix prochaines années…Le problème mobilisera une part croissante de l’engagement diplomatique des pays de la région, des Etats-Unis et de l’UE et pèsera sur les relations de cette dernière avec la Turquie.»

La question palestinienne occupe aussi une attention particulière de la part des auteurs. «La Palestine reste la grande cause du nationalisme arabe, de l’islam politique et de la gauche traditionnellement anti-impérialiste. Elle continuera par conséquent de susciter l’engagement politique des Arabes et des musulmans du monde entier», estiment-ils. Bref, sans pouvoir affirmer que les crises actuelles que traverse le monde trouveront, dans les deux prochaines décennies, un heureux dénouement, les experts se contentent dans cet ouvrage de mettre l’accent sur ce que le monde «sème» au présent et «récoltera» dans le futur.