Le Mague journal ; 04 juillet 2007
Pour l’amour des mots.
Faïza Guène est âgée à peine de 22 ans. Française d’origine algérienne, elle est la cadette d’une famille de trois enfants. Aujourd’hui, elle incarne une nouvelle voix dans le paysage littéraire français. Après Kiffe kiffe demain qui a déjà fait le tour du monde, le nouveau livre de Faïza Guène, Du rêve pour les oufs, offre un constat amer : celui du quotidien d’une jeune femme dans une société pleine de baffes et de coups durs. Cette écrivaine qui n’a pas la langue dans sa poche car elle compte bien s’exprimer à chaque fois qu’on lui offre l’opportunité.
En venant à Alger pour présenter son nouveau-né, Faiza Guène offre au public algérois une extraordinaire occasion pour rencontrer une écrivaine avec un naturel déconcertant, presque sans s’en rendre compte, et une lucidité poilante sur sa propre vie et un recul tendre sur celle des autres. D’elle, on disait qu’elle avait une présence si vive qu’elle emporte instantanément l’adhésion du lecteur, tout en s’assurant une place de choix dans sa mémoire. D’autres disaient encore que grâce à son œil pétillant, irrésistiblement espiègle et vif, Faïza Guène ne mâche guère ses mots. En tout cas, le public algérois, de cette rencontre, il en gardera, à coup sur, un souvenir inoubliable.
Réédité aux éditions ’’Sedia’’, dans la collection ’’Mosaïque’’, Du rêve pour les oufs, a été présenté le mardi au CCF d’Alger par Faiza Guène. A cette occasion, l’auteur(e) a indiqué que son roman ’’ est totalement fictif et son écriture est spontanée. Je n’imaginais pas les personnages avant d’écrire l’histoire. Ce sont eux qui ramènent l’histoire’’. Elle n’omettra pas non plus de préciser que ce roman, à l’instar de Kif kif demain, ’’a une dimension sociale’’.
’’C’est un livre qui donne aux jeunes l’envie de lire’’, a affirmé également Faïza Guène qui ne conçoit pas un livre avec une thématique bien définie mais peut ’’être inspirée par un détail, un fait anodin, un regard’’. ’’Ce qui compte pour moi, c’est le regard que je porte sur les choses. C’est ce qui rend les choses intéressantes. J’essaye de mettre du rythme dans mes phrases’’, a expliqué Faïza Guène, à propos de son roman dont l’histoire, rappelons-le, tourne autour de Ahlèm, une jeune fille de 24 ans qui malgré son humble condition sociale porte un regard amusé sur ceux qui traversent sa vie.
’’Je suis inspirée par les petits détails de la vie quotidienne, le regard d’une personne rencontrée dans le métro. Il y a des regards qui inspirent des histoires’’, a relevé aussi l’écrivaine qui ’’souhaite apporter un langage littéraire nouveau’’ et qui dit encore ’’être inspirée aussi par la culture orale algérienne’’.
’’Il y a quelques mots d’argot dans mes écrits mais il y a surtout cet art de raconter que j’ai hérité de mes parents’’, a-t-elle confié.
’’Mes parents m’ont transmis l’amour des mots, l’art de raconter une histoire. C’est un langage superbe’’, a ajouté Faïza Guène tout en mettant en exergue ’’la floraison d’images et de symboles’’ qui existent dans la langue maternelle.
’’Dans mes œuvres, il y a toujours la couleur de la culture parentale’’, a conclu cette écrivaine au talent prometteur. Preuve en est, son premier roman a été traduit dans pas moins de 22 langues.
Souhaitons seulement à cette jeune romancière beaucoup de réussite dans le reste de son parcours.
