Le Soir d’Algérie ; 15 mai 2011 ; K. B.
Lumière sur un épisode noir
Le livre François Mitterrand et la guerre d’Algérie de Benjamin Stora et François Malye est disponible en Algérie grâce aux éditions Sedia. Ce livre à succès, pour rappel, est paru en octobre dernier chez Calmann Lévy en France.
François Mitterrand était ministre de l’Intérieur depuis quatre mois quand l’insurrection éclate en Algérie, le 1er novembre 1954. «Homme d’ordre, il veut abattre la rébellion tout en tentant de faire cesser les violences policières enracinées dans la culture de l’Algérie», lit-on dans la présentation de l’ouvrage.
En février 1956, Mitterrand devient ministre de la Justice dans le gouvernement de Guy Mollet, le plus long de la IVe République, dont l’action va mener, peu à peu, à la cruelle bataille d’Alger, cause de sa chute, à la fin du mois de mai 1957. «Comment celui qui, vingt cinq ans plus tard, abolira la peine de mort peut-il accepter l’exécution de 45 nationalistes algériens ? Comment expliquer le silence autour de cet épisode noir de la carrière du futur président de la République ?» Les auteurs du livre essayent de donner les réponses à ces questions ainsi qu’à d’autres. Le livre montre que François Mitterrand n’a pas été au rendez vous de la décolonisation algérienne. Plein de documents et de témoignages inédits, il est le fruit d’un long et méticuleux travail mené par un historien (Benjamin Stora) et par François Malye, grand reporter au Point où il est notamment chargé de dossiers historiques.
Évoquant cette période plusieurs décennies plus tard, le président français fera cet aveu : «J’ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là.» Elu en 1981 et réélu en 1988, François Mitterrand détient le record de la longévité (14 ans) à la présidence de la République française.
François Mitterrand et la guerre d’Algérie de Benjamin Stora et François Malye (éditions Sedia), 231 pages, parution mai 2011, prix : 1 000 DA.
