Le Soir d’Algérie ; 26 avril 2009 ; Fayçal M.

«J’écris parce que j’aime !...»

L’écrivain algérien, communément appelé par son pseudonyme Yasmina Khadra, a effectué ce jeudi après- midi, à l’hôtel Royal d’Oran, une vente-dédicace de son dernier ouvrage Ce que le jour doit à la nuit.

Ce roman, qui a été qualifié par les critiques et l’auteur lui-même d’ouvrage le plus accompli qu’il ait écrit, est une des plus belles histoires d’amour.

Le livre, tel une grande saga, relate l’histoire de Younes-Jonas de 1930 à nos jours et le tiraillement de ce personnage pris, d’une part, entre l’honneur, le serment et l’amour qu’il porte à son père, à sa terre et d’autre part à la belle Emilie et ces pieds-noirs de l’Algérie coloniale qui lui ouvriront malgré tout les portes d’un autre monde, lorsqu’il est envoyé par son père chez son oncle à Oran.

L’auteur, lors d’une rencontre avec ses lecteurs, expliquera combien ce livre était en lui depuis des années, le portant jusqu’au jour où peut-être lui-même, libéré par une consécration mondiale que d’autres en Algérie lui avaient refusée à ses premiers pas de romancier, soit parvenu à écrire ce «roman qui est l’une des plus grandes histoires d’amour… C’est mon Autant emporte le vent…», dira Yasmina Khadra. A Oran, il n’omettra pas de répliquer de manière virulente à ceux qui l’on accusé d’avoir fait la part belle aux pieds-noirs dans cet ouvrage et de dire à leur attention : «C’est là une diabolisation gratuite, un rejet viscéral qui ne peut pas nous expliquer (nous les Algériens, ndlr) uniquement comme cela… l’Algérien partout où il va soit il fascine soit il se donne en spectacle…» Le monde littéraire en France, notamment les institutions parisiennes du monde de la littérature, sera également égratigné pour n’avoir pas voulu lui attribuer un prix littéraire alors que son livre était reconnu et salué par les lecteurs et les critiques dans nombres de pays. Par rapport à la France, l’écrivain expliquera à une question d’un lecteur, que «les jeunes Algériens sont appelés à revenir coûte que coûte dans leur pays… La mondialisation et les fractures qui en découlent sur tous les plans font que le phénomène de rejet touchera les Arabes et les Africains… C’est inévitable, la densité du racisme depuis 2000 jusqu’à aujourd’hui a vraiment augmenté, c’est édifiant !...»

Et de finir par sa conviction que l’Algérie va démarrer. Yasmina Khadra, qui évoquera son passé au sein de l’armée ou encore la psychologie de ses personnages, «ce n’est pas mon histoire, dira-t-il à la salle», en ajoutant, qu’il souhaite que les artistes et écrivains algériens, qui sont nombreux à avoir un talent, trouvent dans la presse un support pour atteindre et toucher le public. Et de conclure que c’est aussi pour cela qu’il a accepté de diriger le Centre culturel algérien à Paris «qui est à tous les Algériens».