L’Authentique ; 27 novembre 2008 ; Nadjib Hadded

S’exprimant au cours d’une conférence de presse au CCF après la publication en Algérie de son fameux livre «Vers l’Orient compliqué», en mars denier, Antoine Sfeir, célèbre journaliste et spécialiste du Proche et Moyen- Orient, établi en France, a parlé de l’Algérie, de l’Iran, de l’Irak et de bien d’autres questions, tout en situant cela dans un contexte géo-stratégique truffé, selon lui, d’enjeux.

L’auteur de plusieurs ouvrages, dont «Les islamismes d’hier et d’aujourd’hui», Américains et Arabes..., estime qu’avec l’arrivée d’Obama au pouvoir, les choses peuvent évoluer favorablement avec «une reprise de langue officielle entre les Etats-Unis et l’Iran». Pour lui, il y a des signes qui ne trompent pas dans ce sens comme, par exemple, la possibilité de remplacer l’actuel président iranien par un dirigeant plus modéré, en fonction de l’attitude qu’aura le nouveau locataire de la Maison-Blanche envers ce pays. Et d’ajouter en réponse à une question sur le nucléaire, «ce dossier n’est pas un enjeu en lui-même. C’est un outil de négociation».

Pour ce qui est du Proche-Orient et, en réponse à une question sur l’utilisation du terme «terroriste» dans un de ses livres pour décrire le Hamas et le Djihad islamique, Antoine Sfeir, s’en défend, affirmant qu’il ne l’a pas fait mais, dirat- il, pour préciser le contexte dans lequel évoluent ces deux formations politiques. «Si des élections étaient organisées, ils seraient loin d’avoir la majorité des suffrages ». A partir de là, l’orateur fera une translation en direction de la Syrie, un pays qui d’après lui, connaît un bouleversement favorable depuis l’arrivée au pouvoir du président Bachar El-Assad. La Syrie, notera-il, demeure un des rares pays qui ne soit pas encore brisé, voire morcelé par l’Administration Bush. Toutefois, l'intervenant pense qu'avec l’élection d’Obama aux Etats- Unis, les choses peuvent changer même en Irak, car «l’éclatement n’est pas la solution».

Antoine Sfeir, évoquant l’instauration du panarabisme, dont il est un fervent défenseur et militant, estime que «nous avons échoué», mais il faut recommencer, car il y a des causes qui ont échoué mais qui ont réapparu après 40 voire 50 ans de combat.

Enfin, concernant la presse algérienne, l’orateur estime que celle-ci possède une liberté de ton qu’«on vous envie».