La nouvelle république ; 03 juillet 2007 ; F. M.
Française d’origine algérienne, née à Bobigny en 1985, Faïza Guène vit avec ses parents à Pantin, en Seine-Saint-Denis depuis l’âge de huit ans.
«Mes parents sont d’Oran. Je dis tout le temps que je suis algérienne même si je suis née ici».
Diplômée de l’IUT de Bobigny, à l’Université Paris XIII, section Carrières sociales et socio- culturelles puis étudiante en sociologie à l’Université Paris VIII, à St-Denis, elle abandonne pour se consacrer à l’écriture et à la réalisation de films.
En 2004, elle réalise un moyen métrage, Rien que des mots, dont elle a signé le scénario. Elle suit désormais des études de lettres après avoir écrit son premier roman «Kiffe kiffe demain» (vendu à 200 000 exemplaires, traduit en vingt-deux langues). Dans la lignée du précédent, son deuxième roman, «Du rêve pour les oufs» est sorti le 28 août 2006.
L’écriture est sa passion depuis qu’elle était très jeune : «Je ne peux passer un jour sans gribouiller ne serait-ce qu’une phrase».
1999 - Premier court-métrage : La Zonzonnière
2002 - Deux courts-métrages : «RTT et Rumeurs» et un documentaire «Mémoires du 17 octobre 61».
2004 - Premier roman «Kiffe Kiffe demain», Hachette Littératures et troisième court-métrage «Rien que des mots
2004 à maintenant», Chronique mensuelle dans l’émission «le Monde selon Wam», France Inter, samedi de 18h à 19h
2005 à maintenant : colonne dans «Respect Magazine»
2006 - Second roman : «Du rêve pour les oufs», Hachette Littératures
«Les plus belles histoires sont celles qui commencent mal», répète souvent Tante Mariatou à Ahlème, l’héroïne du nouveau roman de l’auteur de «Kiffe kiffe demain». Sur ce point-là déjà, on peut dire que «Du rêve pour les oufs» est une belle histoire.
A 24 ans, dépourvue de diplôme universitaire et de la nationalité française, elle tente de faire vivre sa famille : son père - qui a perdu une grande partie de ses capacités mentales dans un accident de travail - et son petit frère, Foued, qui préfère jouer au foot ou faire des trafics avec de plus grands et encore plus perdus que lui plutôt que de travailler au collège. Elle s’accroche, multipliant les petits boulots sans intérêt.
Elle nous raconte sa vie, porte un regard empreint d’humour et de cynisme, de tendresse et d’autorité sur sa famille, ses amis, ses voisins de sa cité d’Ivry, et les gens qu’elle croise.
Heureusement, Ahlème - «rêve» en arabe - a un prénom prédestiné. Souvent donc elle rêve de trouver un amoureux qui la serre dans ses bras, de partir avec son père et son petit frère dans son Algérie natale, ou d’histoires qu’elle écrit dans un petit carnet à spirales.
La narratrice du deuxième roman de Faïza Guène a neuf ans de plus que celle de son premier sorti en 2004.
Peut-être parce qu’en si peu de temps la jeune auteur a énormément gagné en maturité, sans rien perdre de son ton très personnel et de son talent pour les phrases qui font mouche.
On a à peine fini le livre qu’on a envie de le relire, en se disant qu’Alhème n’est pas la seule à avoir un prénom prédestiné parce qu’elle sait si bien à la fois faire rêver les «oufs» et rendre «ouf» les rêveurs. Faïza (victorieuse) mérite et le succès et la reconnaissance.
